Lien vers l'ENS

Accueil du site > Archives > 2014 > 2014.03 - Les mots dans le rêve

2014.03 - Les mots dans le rêve

Lundi 17 mars 2014, 16h, salle Beckett

45 rue d’Ulm, 75005 Paris

Les mots dans le rêve

Conférence de Michel Arrivé

Qu’en est-il des mots dans le rêve ? Sauf par Freud et quelques-uns de ses successeurs (notamment Lacan et Leclaire), le problème est souvent négligé, ou traité avec désinvolture.

Michel Arrivé l’envisage successivement sous trois aspects :

1) Il est très fréquent que le rêve donne place aux discours des personnages qu’il met en scène. De quelle façon sont rapportés ces discours ? La forme qui leur est conférée – discours direct, indirect, indirect libre, citations « guillemetées », etc – vient-elle du rêve lui-même ? Ou de la façon spécifique dont le rêveur, à son réveil, les présente ?

2) Cette première question en entraîne une autre, plus générale et plus importante, sans doute : qu’en est-il des relations entre le « rêve tel qu’il est rêvé » et le récit qui en est fait par le rêveur ? Le problème, souvent occulté, est parfois traité de façon trop brutale. Dans la suite de Freud et de Lacan, Michel Arrivé s’interroge sur la possibilité même de cette distinction.

3) Le rêve fait souvent apparaître des « mots », en tout cas des objets qui ont toutes les apparences de mots. Sur des exemples empruntés à Freud, à Descartes et à un corpus de rêves qu’il a lui-même constitué, Michel Arrivé décrit les propriétés de ces mots. Il les compare aux « mots sous les mots » de la recherche anagrammatique de Saussure. Il s’interroge sur le statut sémiologique de ces « mots » du rêve et de l’anagramme.

C’est en réalité le problème des relations entre langage et inconscient qui est, à tout instant, posé par cette triple enquête. Sans, bien sûr, aborder jamais de front cet insondable problème, Michel Arrivé en frôle, ça et là, avec la prudence qui s’impose, quelques aspects.

Michel Arrivé, professeur émérite à l’Université de Paris Ouest Nanterre, a édité Jarry dans la Pléiade et lui a consacré deux ouvrages. Il a aussi publié deux grammaires françaises, dont La grammaire d’aujourd’hui, chez Flammarion. Il s’intéresse désormais d’une part à l’histoire de la linguistique au XXème siècle (À la recherche de Ferdinand de Saussure, PUF, 2007, Du côté de chez Saussure, Lambert-Lucas, 2009), d’autre part aux relations entre langage et inconscient : en dernier lieu Le linguiste et l’inconscient, PUF, 2008 et De la grammaire à l’inconscient : dans les traces de Damourette et Pichon, Lambert-Lucas, 2010. La plupart de ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues.

Il a en outre écrit un recueil de nouvelles, L’éphémère ou la mort comme elle va (Méridiens-Klincksieck, 1986) et sept romans, dont Les remembrances du vieillard idiot (Prix du premier roman, Flammarion, 1977), puis, chez Champ vallon, Une très vieille petite fille (2006), Un bel immeuble (2010) et L’homme qui achetait les rêves (2012).


| Plan du site | Suivre la vie du site